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  • Véronique Bérubé

Ces craintes qui nous paralysent


Dans le cadre des méditations guidées de groupe que j’anime, je prépare celles-ci en étant à l’écoute. Pendant quelques jours, l’aventure méditative de la semaine se dessine et prend forme. Je reçois plein de messages pour m’éclairer sur chaque étape de la méditation. Je comprends et j’intègre pas à pas le but de toutes ces étapes avant de l’offrir à mes participants. Étrangement, c’est quand le sujet de la méditation s’applique le plus à nous-même que l’égo nous convainc que ce n’est pas pour nous mais bien pour autrui. On s’entend penser que ça ne s’applique pas à nous et le corps suit le mouvement en nous empêchant de plonger à fond dans un état méditatif par maints maux et dérangements. J’aimerais bien penser que je suis au-dessus de la mêlée mais c’est loin d’être le cas. L’une de ces méditations touchait les peurs qui nous paralysent. Ces craintes oh tant subtils mais profondément ancrées dans notre savoir-être qui nous empêchent de pleinement savourer la vie. Elles se cachent sous de multiples couches de déni et de perceptions erronées mais combien convaincantes. Bien souvent, toute notre vie adulte est façonnée par à ses malaises et c’est la raison pour laquelle il s’avère difficile de les identifier. Difficile mais pas impossible.

C’est quand on se sent en sécurité, hors d’atteinte, que des révélations puissantes peuvent faire surface et nous faire faire de grands pas dans notre quête de mieux être. Ainsi, me pensant bien à l’abri en préparant cette méditation, je me suis laissée aller dans l’expérience pour mieux la livrer par la suite à mon groupe. Je fais le chemin, franchi le portail et prend place dans la belle aventure dessinée pour l’occasion. Et bang!! Retour à la source. Sorti de nulle part, une photo de l’enfant que j’étais et de sa compréhension naïve de la place qu’elle doit occuper dans son entourage. Ouch!

Ce qui me frappe à cet instant, c’est que ce que je reçois va à l’encontre de ma conviction actuelle que le regard et le jugement des autres ne m’atteignent plus. Je réalise ici ma vulnérabilité dans ce monde où je choisi encore de filtrer mes paroles et mes actions. Je constate les limites que cela installe dans ma vie. Je m’efforce encore de plaire sans même m’en rendre compte. Mais plaire à qui? À l’opinion publique, à la société, au voisinage? Je me juge avant même d’être jugée en adaptant ce que je fais sans même connaître ce qu’on pourrait penser. Je me mets à l’abri d’un jugement quelconque. Ce faisant, je limite mon ouverture d’esprit. Mais à quel prix?

Une porte s’ouvre ici et m’invite à plonger vers de nouvelles découvertes, peut-être hors du monde connu et concret. Un voyage nouveau s’amorce. Compréhension, intégration, perception nouvelle. Ouf! Je me sens bien, soulagée. J’ai l’impression de mieux me saisir et d’être mieux outillée pour l’avenir. À ce moment, dans un élan de gratitude, je me lève et m’exclame : « Merci mon Dieu »… immédiatement rattrapée par la crainte qu’il y ait, caché par la dense vapeur du SPA où je me trouve, un être qui me trouve bien ridicule. Peur du jugement vous avez dit? Quelle situation parfaite pour illustrer que j’ai encore du pain sur la planche pour me libérer du poids du regard des autres. J’ai bien ri de moi-même et je me suis retroussée les manches, figurativement, bien entendue. À quand la prochaine méditation guidée?


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